Lettre adressée au Ministre des Affaires étangères pour le Canada, Bill Graham

 

Montréal, 19 janvier 2004

 

 

Monsieur le Ministre,

 

Voilà que plus de six mois ont passé depuis le violent kidnapping de ma mère par le gouvernement iranien. Après l’avoir enfermée, frappée, bastonnée, broyée, torturée, massacrée et essayé de l’indigner, on l’a étouffé, six pieds sous terre.

 

On n’a toujours pas puni les coupables.

 

Chaque parti, chaque membres du gouvernement iranien connaît la verité, il a pour lui les moindres détails sur la mort de ma mère. Que lui faut-il pour la donner ? Le gouvernement canadien s’attend-il à des concessions gratuites ?

 

D’abord, votre homologue iranien vous assure que le corps ne serait pas enterré, et ce sans entente unanime de la famille. Plus tard, il vous promet un procès transparent et vous déclare même que des observateurs canadiens pourront être présents.

 

J’aimerais vous rappeler que la justice iranienne, dans cette affaire, a changé maintes fois de tribunaux, maintes fois de juges d’instruction et maintes fois d’accusés. Une justice qui sous la force force des armes a fait signer ma grand-mère une soitdite volonté d’enterrement du corps en Iran. Une justice qui s’est fait démonter par le parlement iranien. Une justice qui est dirigée par le meurtrier numéro un de ma mère. Une justice qui est juge et parti.

 

Mis à part les promesses non rspectées, j’aimerais savoir jusqu’à maintenant quels ont été les signes de bonnes volonté que ce régime terroriste a demontré?

 

Loin d’être une affaire judiciaire, il s’agit, nous le savons bien, d’une affaire 100% politique. Alors, que fait le gouvernement canadien, quel rôle joue-t-il, et quelle est sa position ?

Après six mois de patience, je constate déplorablement qu’il n’y a eu aucun acquis de la part du gouvernement canadien.
           
Lorsque l’on me demande avant quoi que ce soit de me faire représenter dans un procès alors qu’il n’y en a pas, je constate déplorablement un manque de cohérence.

Savez-vous qu’en Iran le dossier n’a non seulement pas pu être obtenu par les avocats, il n’a aussi pas pu être localisé!

 

Lorsqu’on prend la pire excuse pour ne pas répondre du rapatriement du corps alors que la loi iranienne dit que, dans mon cas, je suis le seul responsable de la décision du sort de ce corps, je m’indigne et constate avec beaucoup de regret que, sans doute, on se moque de moi.
(A noter aussi que les tribunaux religieux en Iran, sauf votre respect, cela n’existent pas.)

 

Dans l’attente de mesures urgentes, veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma considération distinguée.


Stephan Kazemi

Fondation Ziba Kazemi

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