On tire le rideau

par Stephan Kazemi

 

Novembre 2004

Conférence sur l'Iran et les Droits Humains, Montréal


Bonsoir, merci de votre présence, de votre intérêt.

 

« Voilà vingt ans que l’Iran transfigure sous le regard de ses enfants horrifiés et éberlués. Ils constatent leur patrie ployée sous le poid de l’analphabétisme politique qui s’accroche au pinacle de son pouvoir et qui spolie leur fortune au même rythme qu’il a poussé à la multiplication de sa population. L’Iran, un immense pays millénaire formé autour d’une mosaïque de diversité raciales, culturelles, linguistiques et religieuses. L’Iran étendu sur une nappe de richesses et côtoyant une géopolitique de grandeim portance, l’Iran qui fit rêver tant de créateurs et d’âmes sensibles et, à présent, épouvante le rêve des siens. »  - Ziba

 

Je suis le fils de la victime, celui qui a crié, protesté. Qui a refusé d’attendre après l’effet passif de notes diplomatiques de la part de notre gouvernement. Je suis celui qui a voulu que le monde entier sache ce qui est arrivé à ma mère, et sache que notre gouvernement ne fait pas son travail, qu’il nous laisse indigné ma mère, moi et notre pays.

 

Ma mère était une photojournaliste professionnelle. À travers son art elle voulait informer, rejoindre et sensibiliser les gens. Elle donnait une voix au peuple des pays sur lesquels elle focalisait, et même de l’espoir. Son grand souhait : mettre fin, et je la cite, à ce silence quasi unanime de la communauté internationale où l’un légalise la torture et l’autre légifére le pouvoir absolu. Briser le silence des uns et le lavage de cerveau des autres. Fin de citation.

 

Voilà, je suis là, proche de cinq mois après le violent kidnapping de ma mère par le gouvernement iranien. Après l’avoir enfermé, frappé, broyé, torturé, giflé, beurré, bastonné, essayé de l’indigner, et massacré, ils, les membres du gouvernement de l’Iran, l’ont étouffé, six pieds sous terre.

 

On n’a toujours pas puni ces responsables.

 

Acte I
Nous avons vu une promesse de la part du Ministre des Affaires étrangères iranien à son homologue canadien que le corps ne serait pas enterré et ce sans une entente unanime de la famille.

On tire le rideau.

 

L’Iran veut pouvoir enterrer cette affaire comme il a put enterrer le corps de ma mère,  six pieds sous terre. Chaque partie, chaque membre du gouvernement iranien connaît la verité, il a pour lui les moindres détails sur la mort de ma mère. Alors que leur faut îls pour les révéler? Est llibre à chacun d’eux d’utiliser, de manipuler cette affaire à ses propre fins.

 

Notre gouvernement lui, devant tout cela, se plaît à attendre des concessions gratuites. Que fait le Gouvernement du Canada, quel rôle joue-t-il, et quelle est sa position? Je cite notre ambassadeur en Iran : « nous regardons de très près ».

Combien faut-il être aveugle pour attendre devant tant de faits avérés, devant une justice qui a dans cette affaire, changé mainte fois de tribunal, mainte fois de juge d’instructions et mainte fois d’accusé.
Une justice qui sous la force des armes a fait signer ma grand-mère une soit disans volonté d’enterrement du corps en Iran, qui plus tard lui designe un avocat et de nouveau l’intimide afin qu’elle lui signe une procuration. Une justice qui s’est fait litteralement démonter à juste propos par la commission article 90 au parlement iranien. Une justice qui est dirigé par le meurtrier numéro un de ma mère.

 

Alors, qu’est-ce qu’ils regardent de très près ces gens du Gouvernement canadien? Qu’est-ce qu’ils attendent? Qu’est-ce qu’ils veulent de plus?

 

Acte II
Nous constatons d’une nouvelle promesse du ministre iranien  à l’Honorable Bill Graham. Ce dernier nous rapporte avec conviction : « Le corps de Mme Kazemi sera retourné avec une demande de la famille devant les tribunaux religieux. » . Mauvaise nouvelle votre honneur : sauf votre respect, les tribunax religieux cela n’existe pas en Iran.

 

L’Honorable M. Graham m’a rencontré personnelement. Il m’a promis de faire tout ce qui serait nécessaire pour que justice soit faite. Cela fait maintenant plusieurs mois.

 

Moi, J’ai un immense problème que je ne peut résoudre seul. La responsabilité de ce problème est au Gouvernement du Canada. Alors agissez cher Gouvernement !

 

J’aimerai remercier Monsieur Lahidji qui s’est déplacé depuis Paris exclusivement pour cette conférence. Il nous a clairement conseillé mon avocate canadienne et moi, depuis le début de cette affaire.

 

Merci, à tous.

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