Shahrzad de l'an 2000
by Ziba Kazemi

 

Ashura - Photo par Ziba Kazemi

 

 

L’instauration de la République Islamique a ouvert pour la première fois, la voie aux islamistes religieux. Ces derniers ont aussitôt dévoilé leur doctrine et imposé aux iraniens la ‘’Dictature des Mollahs’’.

 

Les femmes sont devenues leur cible privilégiée. Ils leur ont vollées certains acquis, dont le choix vestimentaire, lequel est le symbole même de leur main mise sur les femmes.

 

Avec le temps, elles ont réussi à obtenir une liberté relative et nébuleuse, encore sous haute surveillance. Néanmoins, elles gèrent leur liberté avec une grande intelligence et une grande patience.

 

Les iraniennes et les jeunes se voient obligées de s’imposer de manières astucieuses et forcément détournées. S’ils formaient des groupes, des rassemblements, on les jugerait aussitôt ‘’d’ennemis de l’Islam’’, leurs actes seraient qualifiés ‘’d’outrage à l’Islam’’.

 

Ainsi, en évitant de prendre des positions ostentatoires, elles contredisent une des valeurs du régime, affichée en très grandes lettres sur les murs de toutes les villes: ‘’Plaindre et magnifier les Martyres de la Guerre Sainte’’.

 

Pour elles, en particulier, chaque événement, même religieux, est une bonne occasion de montrer leur joie de vivre, leur préférence pour la fête et non la lamentation sur les guerriers de l’Islam. Pour ainsi dire, dès que l’occasion se présente, elles s’impliquent et transforment les choses à leur guise, tout en faisant semblant de se conformer aux règles religieuses. Ainsi un rassemblement religieux, peut se transformer en rendez-vous galant, assez cocasse, ou bien en pique-nique à la campagne.

 

Lors d’un reportage que je faisais sur la cérémonie d’Ashurâ dans le village d’Abyaneh, j’ai été spectatrice de cette transfiguration. Abyaneh teinté de couleur “rose”, s’est formé au creux d’une montagne, prés de l’ancienne ville de Kashân, au centre du pays. Ses 15 familles, toutes d’un âge avancé, offrent avec une très grande générosité l’hospitalité aux quelques cinq milles “pèlerins” conviés à la cérémonie annuelle d’Ashurâ. Cette cérémonie est la commémoration de la mort de “Husain”, le troisième Imam musulmans chi’ites.
Le spectacle était impressionnant, et dégageait toutes sortes de sentiments, sauf la tristesse, l’ingrédient vénéré du pouvoir en place.

 

Des couleurs savamment choisies, se mélaient au noir et se soutenaient. Les femmes se baladaient, en companie des copains, fardées comme pour une sortie amoureuse, caressant un cornet de crème glacée. Elles laissaient derrière elles l’insouciance tout en dégageant leur indifference pour un régime dont la consideration pour elle penche du côté de la matrice.

 

La majorité des participants étaient des femmes. Là, elles évitaient le traditionnel Ashurâ des villes opprimées par un monde en noir et souvent poilu, entourées d’étendards aux couleurs ternes, assomées par les cris incontournables des hauts-parleurs au point de ne plus entendre la raison.

 

Mais aussi, là, elles transfiguraient une cérémonie religieuse de très grande importance, dont la philosophie n’est en fait plus défendable, puisqu’elle est l’instrument d’un régime contesté et contestable.

 

Mot fin: La femme de l’Iran

Un bon nombre des iraniennes d’un commun accord implicite, fidèles aux portraits féminins des “Contes d’Orients”, fraye le chemin avec l’optimisme, l’intelligence, la diplomatie et la patience et s’oppose au pouvoir religieux dont elles sont la cible. Elle développe dans tous les domaines possibles, sa place active et grandissante au sein de la société tout en préservant sa place dans la famille. Toutefois, l’Art et l’Histoire de la période persane, qu’elle chérit, appuient son identitée que le pouvoir religieux usurpe.


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